| ÉRIC
Lorsque l’on vit dans la rue,
Le temps n’est plus le même.
On peut même dire qu’il n’existe plus,
Tout est différent.
Les gens croient qu’on croise dans la rue,
N’ont plus la même importance.
On ne vit plus, on survit.
Jusqu’au jour où on apprend,
Qu’il existe des ressources.
On appelle, on essaie d’y entrer,
Fatigué de dormir dehors.
Lorsqu’on y est accepté, ça fait du bien.
Il y a des gens présents jours et nuits,
Juste pour nous.
On dit que les miracles n’existent pas,
Mais moi j’y crois.
Je ne demande pas de l’or ou une grosse maison,
Juste quelque part où je me sens bien,
Où je ne survis plus, où je vis.
Le Foyer aide des milliers de jeunes qui,
Comme moi, ont besoin d’aide.
Simple, il apporte beaucoup d’aide physique
et du soutien psychologique.
C’est une place qui m’aide à me comprendre,
Sans leur soutien, je serais autre part.
Et vous savez?
Je ne veux même pas savoir ou¸
car, je suis bien ici et je m’en sors.
CHANTAL
Je m’appelle
Chantal, j’ai 21 ans,
je suis maquilleuse artistique,
clowne et artiste-peintre.
Je suis également résidente au Foyer
depuis 1 an et demie et représentante
des résidents au Conseil d’Administration.
Chacun des jeunes à sa vision du Foyer…
Voici la mienne :
Lorsque je suis parie de ma demeure familiale,
je n’avais pas l’intention d’y retourner.
Mes relations avec mes parents étaient très
difficiles et malsaines. Ma première
expérience en appartement s’avéra
désastreuse. Lorsque j’ai appelé au Foyer,
j’avais besoin d’un toit, je ne voulais pas
partir seule et je ne connaissais personne de
fiable. Je n’avais pas beaucoup d’argent,
j’avais des rêves, de la volonté, mais aucun
guide de confiance. Je commençais mes pas
dans la vie avec une valise écorchée. Je
n’étais ni droguée, ni alcoolique.
.J’avais terminé mon cégep en arts plastiques
et
j’étais impliquée. J’avais besoin que
l’on
m’aide, et je n’y étais pas habituée.
Au Foyer, on m’a offert un toit abordable,
une liberté d’action, une bulle personnelle
(ma chambre), une ouverture aux autres (la
salle commune) et des oreilles attentives
(les intervenants). Je sentais une structure
solide et saine présente pour me construire.
J’avais besoin de parler, de me dégager de
mon passé. J’avais besoin qu’on me laisse
être moi-même et que l’on me face confiance.
J’avais besoin d’énormément d’amour.
Au Foyer, je ne me sens pas jugée, on
connaît mon nom, j’ai ma part de vécu et je
peux en parler si je le veux. Je pense que
quelque soit le temps qu’un jeune peut passer
au Foyer, celui-ci en sortira avec un plus.
Pour moi, le Foyer est un tremplin entre ma
vie familiale et la vie que je veux. Au Foyer
on m’a donné les images d’un quotidien
communautaire basé sur des valeurs de
respect, de dignité, d’amour et de don de soi.
Mon séjour est une partie marquante de ma vie.
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